La transition vers l’entrepreneuriat prend racine auprès des professionnels de santé

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La transition vers l’entrepreneuriat prend racine auprès des professionnels de santé. C’est du moins, ce que s’accordent à dire les observateurs constatant qu’un vent de changement se prépare dans le système. Un phénomène nouveau se manifestant principalement à travers le nombre croissant des opérateurs qui ont décidé de faire le pas.

Dans l’Hexagone, force est de constater que la création d’entreprise est un vrai parcours du combattant pour les acteurs de santé si pour d’autres, il suffit d’accéder au crédit professionnel et le tour est joué.

Mais ça, c’était il y a quelques années puisque dernièrement, la situation a tendance à changer. Pour s’en convaincre, il suffit de porter un regard sur le nombre croissant d’opérateurs faisant le choix de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat.

Différentes raisons expliquent ce penchant, mais d’après les constats, l’effet levier des levées de fonds y est pour beaucoup comme ce fut le cas pour Allisone ou Posos.

Un vent de changement s’annonce

Entreprendre était un métier à la mode quand on sortait d’X ou d’HEC, ça pourrait aussi le devenir quand on sort de l’internat de médecine.

Thomas Clozel

C’est en cette phrase que Thomas Clozel voit l’avenir en ce qui concerne la filière santé. Une façon de dire qu’un vent de changement s’annonce pour le système pour qui l’aventure entrepreneuriale n’est pas vraiment une option pour les acteurs selon cet ancien professeur adjoint en hématologie clinique rappelant que :

Il y a six ans, c’était plus facile de se lancer aux États-Unis.

Thomas Clozel

En effet, créer une entreprise de santé à l’étranger était plus facile qu’en France selon cet expert pointant du doigt certaines failles comme la méfiance vers le privé ou encore l’absence de cours sur la création d’entreprise à l’université française. À Emmanuel Bilbault, un pharmacien entrepreneur d’ajouter :

Il y a peu de fonds spécialisés dans la santé en France. Ce n’est donc pas simple de lever. Et les fonds généralistes ont peur d’y aller en raison des risques ou de leur faible connaissance du secteur.

Emmanuel Bilbault

Ainsi, les acteurs de santé sont très peu nombreux à troquer leur blouse blanche pour devenir entrepreneurs. Mais puisque l’ère est au changement, force est de constater qu’ils sont de plus en plus nombreux à faire le pas si ce n’est que d’énumérer :

Lionel Elbaz qui a fondé Allisone proposant une solution d’analyse de radios dentaires ;

  • Emmanuel Bilbault qui a fondé Posos en 2018 ;
  • Dinu Stanescu qui a fondé Temeoo proposant une solution permettant aux orthoptistes de proposer des consultations de bilan visuel supervisées par un ophtalmologue.
  • Et la liste est longue, mais d’après Thomas Clozel qui a choisi New York pour créer la biotech Owkin, ces pionniers pourraient bien servir d’exemple pour la nouvelle génération de soignants qui seront bien tentés d’emboîter leurs pas.

L’accès au financement comme levier principal

Comme susmentionné, l’accès au financement est l’un des obstacles majeurs expliquant le peu d’entrain des professionnels de santé pour l’entrepreneuriat. Mais avec ce vent de changement, tout porte à croire qu’il se transformera en levier principal pour les porteurs de projets.

Ainsi, il serait utile de préciser que pour l’heure, ce rôle est essentiellement dominé par les levées de fonds comme ce fut le cas pour Allison qui vient de lever 10 millions d’euros ou encore de Posos qui a collecté 2 millions d’euros en amorçage si une perspective est en vue pour Temeoo annonçant que :

Nous avons prévu de faire notre première levée de fonds en 2023.

Emmanuel Bilbault

Ainsi, les investisseurs ne sont plus aussi frileux qu’auparavant. Quant aux professionnels, la détermination gagne du terrain comme l’a fait remarquer Emmanuel Bilbault s’exprimant en ces termes :

Le pire risque aurait été de ne pas le faire.

Emmanuel Bilbault

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