
Chaque année, les retards de paiement engendrent 15 000 défaillances en France, d'après les statistiques du ministère de l'Économie et des Finances. C’est la raison pour laquelle, les entreprises doivent alors déployer de nombreux efforts pour inciter leurs clients à régler les paiements à temps. De nombreuses solutions sont envisageables. En voici les détails.
Différentes options peuvent être adoptées, afin d’amener les clients d’une entreprise à régler les paiements dans les meilleurs délais. On note principalement la bonne gestion de la facturation, l’escompte de règlement, et l’affacturage. Il existe également des solutions dédiées aux entreprises d’exportation.
Une gestion minutieuse de la facturation permet à une entreprise de récupérer rapidement ses créances. Marie-Paule Raphard, dirigeante du cabinet d’expertise-comptable Agex affirme qu’ :
Il faut suivre son poste client au quotidien et, dans l’idéal, pratiquer ce que l’on appelle vulgairement la facture au cul du camion. En clair, il faut facturer immédiatement après avoir accompli une prestation et ne surtout pas attendre la fin du mois comme le voit trop souvent chez les chefs d’entreprise absorbés par le quotidien.
Marie-Paule Raphard.
Conformément à la loi de modernisation de l’économie, les paiements entre professionnels doivent s’effectuer dans les délais de 30 jours qui suivent l’exécution de la prestation (s’il s’agit d’un service), ou la réception des marchandises.
Toutefois, les paiements peuvent être réalisés au-delà des 30 jours, ne franchissant pas la limite des 60 jours à partir de la facturation ou encore 45 jours fin de mois.
Autrement dit, le client n’est pas obligé de régler les paiements avant ce délai prescrit. D’ailleurs, la négociation demeure également envisageable. La dirigeante du cabinet d’expertise-comptable Agex avance que :
Dans la pratique, on peut essayer de négocier en récupérant des acomptes de 30% du montant total à la commande. Cela peut permettre notamment de couvrir les achats de matière première.
Marie-Paule Raphard.
La réduction de prix attribué au paiement comptant constitue également une autre manière d’inciter les clients à régler rapidement les paiements. Cette démarche est connue sous le nom d’escompte de règlement. Pourtant, il faut préciser que le taux d’escompte doit être figuré sur la facture.
L’affacturage représente également une option idéale qui permet à une société d’éviter les longues attentes de paiement.
Rappelons que l'affacturage est défini comme une technique de financement et de recouvrement de créances qui offre aux clients des entreprises la possibilité de bénéficier d'un financement anticipé pour les paiements des factures. Grâce à cette solution, la société peut monétiser son poste client à travers le transfert des créances professionnelles à une société d’affacturage.
Philippe Mutin, directeur général délégué de Facto France précise qu’ :
Une fois ce transfert effectué, c’est le factor qui va s’occuper de recouvrer les sommes dues auprès des clients. L’entreprise va ainsi pouvoir récupérer sa trésorerie immédiatement. Bien entendu, l’affacturage a un coût qui peut être comparé à celui d’un financement bancaire court terme, entre 1 et 2% de taux d’intérêt.
Philippe Mutin.
Particulièrement pour les sociétés opérant dans l’exportation, la solution de mobilisation de créances nées à l’étranger (MCNE) est également envisageable. Celle-ci est dédiée aux exportateurs dans le but de garder la stabilité de la liquidité dans leur caisse.
La MCNE représente ainsi une solution efficace en cas de retard de paiement. Pour ce faire, l’établissement bancaire avance les fonds et l’exportateur obtient l’argent avant l’échéance.